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diumenge, 31 de maig del 2020

Il y a un an...

Espero meravelles          
a cada cantonada.          
Hi ha alegria                   
en l’aire.                        
El sol m’omple               
els ulls.                          

El meu presagi               
és una línia                   
contra el sol,                 
un punt en l’horitzó.      

J'attends des merveilles
à chaque coin de rue.
Il y a de la joie
dans l'air.
Le soleil emplit
mes yeux.

Mon présage
est une ligne
contre le soleil,
un point à l'horizon.

Montserrat Abelló, pour Diane et Vivien !


Fleurs vues en ce 31 mai

À plus, Muriel (tant qu'il y aura des fleurs...)

divendres, 1 de maig del 2020

Muguet porte-bonheur...



Després de les roses de la Diada de Sant Jordi i dels clavells del 25 d'abril portuguès, arriba el muguet, el lliri de les valls, símbol de l'1 de maig a França, portador d'amistat, missatger de la bona sort ! Tot plegat i tanta flor reunida, és, per a mi, com la tornada d'una cançó al cor de moltes primaveres catalano-franceses tocades per Portugal a la meva vida. Desitjo compartir !

Fins aviat, à bientôt, Muriel

dilluns, 27 d’abril del 2020

Plantar sobre la terra els peus, Montserrat Abelló

Plantar sobre la terra
els peus. Ja no tenir
por. Sentir com puja
la saba, amunt, amunt.
Créixer com un arbre.
A la seva ombra
aixoplugar algú que
també se senti sol, sola
com tu, com jo.

Montserrat Abelló
El Blat del temps 
(Barcelona: Columna, 1986)

Planter sur la terre
ses pieds. Ne plus avoir
peur. Sentir comme monte
la sève, encore et encore.
Grandir comme un arbre.
À l'ombre de cet arbre
abriter quelqu'un qui
lui aussi, elle aussi, se sent seul-e
comme toi, comme moi.

(traduc au pied levé, on peut sans doute faire mieux)

À tout', Muriel

dimarts, 17 de març del 2020

Los justos, Borges (Les justes)... une pincée de poésie

hier, j'ai reçu (whats, ça va bon train) ce poème de Jorge Luís Borges, Los justos, que j'avais déjà lu, il y a longtemps. J'aime beaucoup, le voici, et ensuite, sa traduction que j'ai piquée sur Internet et où, je confesse, j'ai remplacé quelques masculins "génériques" par des féminins ou des formules neutres ;-) parce que... parce que c'est aussi bien comme ça !

Los justos


Un hombre que cultiva su jardín, como quería Voltaire.
El que agradece que en la tierra haya música.
El que descubre con placer una etimología.
Dos empleados que en un café del Sur juegan un silencioso ajedrez.
El ceramista que premedita un color y una forma.
El tipógrafo que compone bien esta página, que tal vez no le agrada.
Una mujer y un hombre que leen los tercetos finales de cierto canto.
El que acaricia a un animal dormido.
El que justifica o quiere justificar un mal que le han hecho.
El que agradece que en la tierra haya Stevenson.
El que prefiere que los otros tengan razón.
Esas personas, que se ignoran, están salvando el mundo.

***

Les justes

Celui ou celle qui cultive son jardin, comme le souhaitait Voltaire.
Celui qui est reconnaissant à la musique d’exister.
Celle qui découvre avec bonheur une étymologie.
Deux employés qui dans un café du Sud jouent une modeste partie d’échecs.
La céramiste qui médite une couleur et une forme.
Le typographe qui compose bien cette page, qui peut-être ne lui plaît pas.
Une femme et un homme qui lisent les derniers tercets d’un certain chant.
Celui qui caresse un animal endormi.
Celle qui justifie ou cherche à justifier le mal qu’on lui a fait.
Celui qui est reconnaissant à Stevenson d’exister.
Ceux et celles qui préfèrent que les autres aient raison.
Tous ces gens qui s’ignorent, sauvent le monde.


A demain ! Prenez grand soin de vous ! Muriel

dissabte, 22 de febrer del 2020

Le son qui émane des fleurs...


Petit frère, tes 60 ans in absentia:
le coeur qui entend la voix qui a cessé,
la bague en porcelaine que tu avais vue pour moi,
les cloches des temples qui suspendent leur chant,
mais... ô celui des fleurs qui refleurissent...
à Quincy et partout !


Le  son de la cloche du temple s'arrête, 
mais pas celui qui émane des fleurs. *

Matsuo Bashō


* j'ai trouvé ces vers du grand maître des haïkus (Japon, XVIIème s.), dans un livre absolument fascinant, La plante et ses sens, de Daniel Chamovitz (Buchet-Chastel, 2014), un bijou, émouvant de surcroît:



Un haïku qui va comme un gant, comme bague au doigt, justement, dit-on ici, à cette journée du 22 février ! Oui, c'est là un beau un livre, que j'ai eu dans les mains, que j'ai retenu quelques jours, un privilège de bibliothécaire, absolument ! Le titre en castillan, c'est Lo que las plantas saben, c'est à dire, Ce que savent les plantes, alors comment résister à ça, tellement alléchant, de savoir ce que savent les plantes ! (le titre original en anglais c'est ça: What a plant knows, a field guide to the senses, alors c'est ça !) 

Allez à bientôt, Muriel, et pour la route, un autre haïku, du même poète:


Le jour s'éteint
mais pas le chant 
de l'alouette.


dilluns, 10 de febrer del 2020

Y ahora toca una pizca de poesía... pues hace ya un poco de tiempo: No existe el infinito, Chantal Maillard

No existe el infinito
No existe el infinito:
el infinito es la sorpresa de los límites.
Alguien constata su impotencia
y luego la prolonga más allá de la imagen, en la idea,
y nace el infinito.
El infinito es el dolor
de la razón que asalta nuestro cuerpo.
No existe el infinito, pero sí el instante:
abierto, atemporal, intenso, dilatado, sólido;
en él un gesto se hace eterno.
Un gesto es un trayecto y una trayectoria,
un estuario, un delta de cuerpos que confluyen,
más que trayecto un punto, un estallido,
un gesto no es inicio ni término de nada,
no hay voluntad en el gesto, sino impacto;
un gesto no se hace: acontece.
Y cuando algo acontece no hay escapatoria:
toda mirada tiene lugar en el destello,
toda voz es un signo, toda palabra forma
parte del mismo texto
.
Chantal Maillard, belga de nacimiento es una poeta, traductora, filósofa... española
Ojalá pudiéramos siempre siempre que "no existe el infinito, pero sí el instante" y que "en él un gesto se hace eterno" ! 
Hasta pronto ! Muriel  (+ c'est la Saint-Arnaud: j'aurais aimé lire ce poème que je découvre ces jours-ci à mon p'tit frère... une traduc improvisée, un partage,  tu aurais bien aimé, n'est-ce pas ?) 

dimarts, 11 de juny del 2019

coquelicots, amapolas, roselles, poppies...

¿ Qué tendrán las amapolas que nuestro corazón es suyo, siempre suyo ?

Roselles, com no havien d'inspirar la Joana Raspall ?! Meravelloses poesies !

Roselles
No floriu totes a l’hora,
roselles del camp de blat!
Sou tan i tan lluminoses
que em deixeu enlluernada.
Jo vull veure si a la cresta
d’aquell mar esvalotat,
entre el verd de les onades
les espigues han granat.
Joana Raspall


 À tout moment de la journée, en tout point de l'horizon, des coquelicots: j'en voulais, j'en ai eu !!! Voyez un peu, comme ils étaient là en ce lieu-dit au beau milieu des champs, dans ce coin d'amitié de Charente Maritime:


toutes les photos: alentours de Moulin Ballot, entre le 30 mai et le 3 juin '19, Muriel







Et pour Katia:  маки ? 

Et pour les Divins ;-) : coquelicots d'un jour, coquelicots toujours... coquelicots d'amour ! 

En bref, nous voulons des coquelicots: "plus de coquelicots, moins de pesticides", j'adhère totalement au mouvement des coquelicots: 
https://nousvoulonsdescoquelicots.org/

¡ Flower power en vez de pesticidas !  Los pesticidas matan a las amapolas... y nos matan a nosotr@s !
ecoticias.com/sostenibilidad-Reducir-uso-pesticidas-deber-obligacion

i uns versos més:

"Muntanyes que produïu moltes plantes, 
moltes herbes  i altres flors: 
la rosella és la més bella  de les flors" 

(poema popular català, recollit per Joan Amades)

Fins aviat, hasta pronto !!! Muriel (salut donc à tous les papaveri, papoulas, Mohnblumen, mitxoletak... et à tous leurs innombrables semblables dans toutes la multitude des autres langues 😄😉 !)

Pour ce qui est des poupées-coquelicots, voir books-carabistouilles./2010/05/gentil-coquelicot


divendres, 31 de maig del 2019

Contre le vent, el vent damunt la pell...

Pour Diane et Vivien, pour aujourd'hui et pour les jours qui suivront, ce poème de Montserrat Abelló que je trouve si beau et que j'ai voulu traduire, quel plaisir, exprès pour eux: 

Le vent sur la peau

Le vent sur la peau,
dans les cheveux, dans
la bouche, les narines.
Les  yeux grand ouverts pleins de vent.
Le vent par-dessus les maisons,
les fenêtres, les portes,
s'engouffrant par les gonds;
entre entre les barreaux des balcons
et les fissures,
et dans les ruelles étroites.

El vent qui balaie
les rues de la ville
et fait gonfler tes cheveux,
et les miens.

Le vent qui nous pénètre le corps

par tous les pores 

Et toi et moi qui marchons
contre le vent. 

le vent dans les blés (Moulin Ballot)
;-) Muriel










En voici l'original:

El vent damunt la pell, 

El vent damunt la pell,
entre els cabells, dins
la boca, els narius.
Els ulls esbatanats plens de vent.
El vent damunt les cases,
les finestres, les portes,
esmunyint-se pels forrellats;
entre els barrots dels balcons
i les escletxes,
i pels carrerons estrets.

El vent que escombra
els carrers de la ciutat
i esbulla els teus cabells,
i els meus.

El vent que ens penetra cos
endins.

I tu i jo caminant
contra el vent. 

Montserrat Abelló (Tarragona 1918-Barcelona 2014)

C'est un poème qui appartient à son recueil de son recueil Foc a les mans.

Ici, lu par Montserrat elle-même: 

Allez, à bien vite ! et bon vent à Diane et Vivien ! Muriel

dimecres, 8 de maig del 2019

L'art difficile de vivre bien... comme disait ce bon vieux Montaigne

"Quand je dance, je dance; quand je dors, je dors; voire, et quand je me promeine solitairement en un beau vergier, si mes pensees se sont entretenues des occurrences estrangieres quelque partie du temps, quelque autre partie, je les rameine à la promenade, au vergier, à la douceur de cette solitude, et à moy. Nature a maternellement observé cela, que les actions qu'elle nous a enjoinctes pour nostre besoing, nous fussent aussi voluptueuses, et nous y convie non seulement par la raison, mais aussi par l'appetit : c'est injustice de corrompre ses regles." Montaigne, Essais (publiés en 1580)*

Car, bien entendu, la pleine conscience, comme on dit (quand on n'use pas de l'inutile anglicisme mindfulness, j'adore l'anglais mais préfère en français les mots français quand ils existent et disent si bien ce qu'ils veulent dire), la pleine conscience, disais-je, n'est pas une nouvelle invention !

Il est des textes auxquels revenir fait du bien ! comme à des chemins, des clairières, des bords de rivière, des jardins amis !

Comme il est des bancs sur lesquels il est bon de s'asseoir, ceux-là, "du temps qui passe"**

Passeig de les Aigües, Muriel
Camí de Sant Pere Màrtir, maig '19, Muriel


et des arbres sous lesquels il fait un bien fou de s'arrêter un instant...

mindfulness = pleine conscience
comme
shinrin-yoku = se promener dans la forêt
;-)  Muriel

Et de cela, il faut se rappeler à temps, ce qui n'est pas toujours facile.

"Il n'est [...] science si ardue que de bien et naturellement savoir vivre cette vie", toujours Montaigne

* Michel Eyquem de Montaigne (1533 Saint-Michel de Montaigne, 1592, idem): voici le lien pour le fragment des Essais, dont sont tirées ces citations:

**Le banc du temps qui passe, Hubert Reeves: voir 


 À bientôt, Muriel et, ces vers de Basilio Sánchez (
Sin título,recueil
He heredado un nogal sobre la tumba de los reyes), pour la route: 

Dichoso el que, sentado
bajo los grandes árboles
que iluminan de verde las
mañanas del mundo, 
no renuncia al regalo de lo inmenso 

[Heureux celui qui, assis
sous les grands arbres
qui illuminent de vert
les matins du monde,
ne renonce pas au cadeau de l'immensité

le titre serait: J'ai hérité d'un noyer sur la tombe des rois]


dilluns, 25 de febrer del 2019

En ce mois de février... dans la lumière du moment présent

Je découvre aujourd'hui ces 3 photos et leur lumière m'atteint profondément, à la manière de ces chocs émotionnels heureux qui innondent de joie ! Elles ont été prises le 27 octobre 2017, à Gimel, petit village de Corrèze, il pleuvait de la pluie et des larmes et, personnellement, je n'ai pas su voir, je n'ai pas vu ce rayon de lumière:


photo Pauline Lebraud, oct.'2017

photo Pauline Lebraud, oct.'2017

photo Pauline Lebraud, oct.'2017

Belle âme qui fus mon flambeau,

Reçois l'honneur qu'en ce tombeau

Je suis obligé de te rendre.

Ce que je fais te sert de peu : 

Mais au moins tu vois en la cendre

Comme j'en conserve le feu.

François de Malherbe (1614)***


Conserver le feu de l'âme et réchauffer le coeur de ceux avant qui on est parti... Partir avant les miens*, l'une des chansons que tu avais choisies pour nous, Arnaud ! Depuis le premier instant, le premier présent d'une vie avec toi in absentia, tu conserves le feu qui réchauffe et illumine ! Avec le temps**, autre chanson à toi, tout continue ! 

Merci énormément, Pauline, pour ces 3 photos, merci d'avoir été là, ancrée dans le moment présent, et d'en avoir extrait la joie que, malgré tout, par dessus tout, en son écrin, il avait à nous offrir. Maryne, oui, "il irradiait déjà" ! Merci Arnaud, infiniment ! Régis, Maman, vous tous, ici et maintenant avec vous de tout coeur ! 

À tout de suite par la pensée ;-) ! Muriel

*Partir avant les miens, Daniel Balavoine: 

**Avec le temps, Léo Ferré:
https://www.youtube.com/watch?v=ZH7dG0qyzyg

*** François de Malherbe, poète français né en 1555 à Caen et mort en 1628 à Paris


divendres, 14 de desembre del 2018

Un pessic de poesia: Temps d'empelt

Temps d'empelt

Quan te'n vas anar l'arbre encara hi era.
Hi eren les fulles, intactes,
i hi era el resguard que feia el seu tronc.
Una ombra és tenir algú que no pregunte* per què,
que protegeix sense exigir res a canvi.
Ignorant la tècnica sovint tornem a l'arbre
buscant les arrels del que un dia hi vas deixar,
de l'esperança que es va quedar per créixer
quan els dies eren ferms com un camp de blat.
De tant en tant tornem a l'arbre,
un arbre que havia estat tots els arbres.
I és aleshores que ens agafem a les branques
i ens repetim en veu baixa:
no prospera l'empelt,
no prospera l'empelt,
no prospera l'empelt,
i és a l'ombra on tot més crema.

Àngels Gregori, Quan els grans arbres cauen

Àngels Gregori és una poeta valenciana (1985-) resident a Barcelona, és gestora cultural, dirigeix el festival de poesia del municipi d'Oliva (Comunitat valenciana) i és co-comissària de Barcelona Poesia.

Avui he pres el temps d'assaborir aquest poema, atreta pel títol, la paraula empelt, i perquè al cos del poema hi ressaltava la paraula arbre... M'agrada molt... però molt molt... Llavors, he pres uns minuts per a compartir.

Novetat a la nostre biblio (ens ha arribat molta poesia... un plaer)

* pregunte: variant de pregunta

Bé doncs, fins molt aviat, era... un pessic de poesia per fer camí ! Muriel (post dedicat als arbres de la meva vida, un bedoll, un roure, una morera, perdó, dues !, i molts amics-arbres més !)

dimecres, 24 d’octubre del 2018

Et la vie a continué... de banc en banc sous l'aile de l'ange

La vie a bel et bien continué sur cette rive-ci...
Et je me suis assise sur bien des "bancs du temps qui passe" depuis cette journée du 24 octobre dernier...
Une année, comme tu l'avais sereinement prédit, avec des moments faciles et d'autres difficiles, avec des pleurs dont les rires ont pris le relai...

Je n'ai toujours pas lu le livre d'Hubert Reeves, vois-tu, ce livre qui venait de paraître alors que toi, tu t'apprêtais à disparaître sur l'autre rive... J'avais parlé de ce livre sur ce blog, au mois d'avril dernier, au retour d'une si belle escapade tout "en haut" de la Costa Brava (Colera, Port-Bou, Llançà) et qui m'avait donné de belles occasions de m'asseoir sur des bancs... des bancs du temps qui passe

books-carabistouilles.2018/04/bancos-para-sentarse-mientras-pasa-el-tiempo

En effet, au fil des jours et des endroits, j'en ai "rencontré", des bancs de ce genre-là. La vie a même été généreuse avec moi à cet égard, elle m'a conduite à des endroits de privilège où il y en avait de bien beaux, là, dans le temps qui passait. C'est à présent un rituel, un banc dans un bel endroit, face à la mer, en pleine forêt, dans un parc, et je m'asseois et je reste un instant dans le présent et je te retrouve, Arnaud, et je vous retrouve, les bien aimés qui êtes assis sur le banc de l'éternité.


à Quincy, chez nous, où j'adorerai toujours retourner
au parc de la Borne Blanche, à Combs, une routine agréable quand je suis à Quincy

puis à Bolquère, dans les Pyrénées, fin avril, une découverte
j'ai tellement aimé ce banc au printemps encore gelé
toujours à Bolquère, on était 4 bonnes copines... l'amitié toujours
puis à Lisbonne, en mai, pour Isabel, et sur ce banc du parc da Estrela,
un poème, Evasão *, d'Anrique Paço d'Arcos
Lisbonne toujours, un banc, des azuleijos et, plus haut, le vertige de la lecture

coule la River Ness à Inverness...
au bout du monde... Ullapool
encore plus au bout du monde, à Cromarty, avec des amies de toujours... de jeunesse
dans les mêmes parages, en souvenir d'une personne aimant les chats et le violon ("fiddle" puisque c'est le Nord de l'Ecosse)

Voilà, mon Arnaud, quelques-uns de ces bancs où je me suis assise dernièrement (celui de Lisbonne sous les azuleijos, en esprit seulement)... sans compter les bancs de bon nombre d'églises que j'ai visitées au passage. J'aime bien rentrer dans les églises, m'y recueillir, des endroits pensés pour ça dans le fond, des lieux où penser la mort apaise, même quand "on ne croit pas"... mais ne croit-on pas forcément à quelque chose ? Des bancs d'églises écossaises aux bancs d'églises romaines... car je reviens de Rome où les églises ne manquent pas, fresques, mosaïques, anges... Sous l'aile de l'ange... Quel bon moment en ta compagnie, mon Naud, à Santa Maria degli Angelli ! des anges de marbre, un ange de lumière et mon ange gardien ! Merci la vie pour ce qu'elle m'a donné et même pour ce qu'elle m'a repris, tu vois... avoir eu, c'est déjà beaucoup parfois.

en la Basilique de Santa Maria degli Angelli à Rome
Angello della luce, oeuvre d'Ernesto Lamagna, 2000, même basilique

À toujours, mon p'tit frère et aussi à un de ces jours ! Merci de tout coeur ! Bises à toi et à toute ma famille, ta famille 😊, Muriel, ta Sister Mu

 *
un livre: Le banc du temps qui passe, d'Hubert Reeves, Ed. Seuil (5 octobre 2017)
une sculpture: Angello della luce, d'Ernesto Lamagna
un poème: Evasão, d'Anrique Paço de Arcos 

Evasão

Não fui ao jardín,
Mas voltei do jardim com una rosa na mão
Não fui ao mar, mas regressei das ondas
Com todo o sal do mar nas minhas lágrimas
Não fui a guerra, mas voltei da guerra
Sem coração...

Un dia està para chegar
Em que hei-de ir e n não he de voltar

*
une musique ? tiens, ce matin j'ai entendu quelque chose qui allait si bien avec ce qui se passait dans ma tête, ou dans mon coeur, une Sonate pour piano et violon d'Ernest Bloch, je ne sais pas laquelle exactement, en voici une: https://youtu.be/1OIAR0i-kFQ

*
un sentiment: la gratitude ou la reconnaissance, comme on veut...

*
et je reçois à l'instant cette pensée musicale-hommage, merci Jean-Michel:


dijous, 10 de maig del 2018

La casa "molt gran", un poema signat Arbre

La  casa  “molt  gran”


Un piset petit
Amb llit per fer “cosetes”
Som joves estem pletòrics
Satisfets de la vida.

Ens carreguem de “trastos”
Any darrere d’un altre
Llibres, ceràmiques, andròmines...
Roba, mobles, plats...

L’habitació de les filles
No s’hi pot entrar
Joguines llibretes, records
Marxen els fills

Molt per netejar
El nostre cos
Ple d’anys
La casa “molt gran”.


Arbre Agulló i Guerra
(9 de maig de 2018,
47 anys de NO ÉS NO A LA GUERRA A LA MILITARITZACIÓ)



Moltes gràcies amic Arbre per fer-me arribar aquest poema (acabat de sortir del forn, un privilegi) ! Quanta veritat ! M'hi sento retratada, com no ! i simpatitzo 100% amb aquesta lluita teva contínua ! No a la guerra, no a la militarització, sí a la vida !

Cuida't, una abraçada ! Sí a la poesia sempre !!! Muriel

dijous, 1 de març del 2018

Per 4 floquets de neu...

Per 4 floquets de neu que van caure ahir a Barcelona, em van enviar aquest poema, suposo que perquè saben que m'agrada l'hivern (no és trist, no, en tot cas l'hivern en si no ho és, ho pot ser si algunes tristeses el venen a habitar...) i que m'encanta el poeta "del poble", el poeta "dels tres noms", Miquel Martí Pol (ja són uns quants els poemes seus que porto penjats a aquest blog).

Hivern :

Estimo la quietud dels jardins
i les mans inflades i vermelles dels manobres.

Estimo la tendresa de la pluja
i el pas insegur dels vells damunt la neu.

Estimo els arbres amb dibuixos de gebre
i la quietud dels capvespres vora l'estufa.

Estimo les nits inacabables
i la gent que s'apressa sortint del cinema.

L'hivern no és trist:
És una mica malenconiós,
d'una malenconia blanca i molt íntima.

L'hivern no és el fred i la neu:
és un oblidar de la preponderància del verd,
un recomençar sempre esperançat.

L'hivern no és els dies de boira:
és una rara flexibilitat de la llum
damunt les coses.

L'hivern és el silenci,
és el poble en silenci,
és el silenci de les cases
i el de les cambres
i el de la gent que mira, rere els vidres,
com la neu unifica els horitzons
i ho torna tot
colpidorament pròxim i assequible.


Fins aviat, Muriel (avui hi ha una mica de primavera a l'aire...)

dimecres, 7 de febrer del 2018

Les neiges d'antan...

C'est François Villon qui se posait, il y a fort longtemps (15ème siècle, pas mal d'hivers depuis !) cette question, que Georges Brassens reprenait en chantant, il y a longtemps aussi, moins, c'était hier : "Mais où sont les neiges d'antan ?".
En attendant, et quoi qu'il soit advenu de ces neiges-là et des belles dames dont il est question dans le poème, voici un peu de neige d'aujourd'hui, dans le jardin et sur le portail de ma maison d'enfance et prime jeunesse, où les hivers ne manquaient pas d'être enneigés. Comme j'aimais, à chaque fois, découvrir le jardin tout blanc...
Et comme j'avais aimé, je m'en souviens, découvrir François Villon, sa Ballade des Dames du temps jadis, dans le Lagarde & Michard (sûrement ? un sacré monument tout de même, je me demande si on fait toujours Français avec le Lagarde & Michard au lycée ?). Par la même occasion, je découvrais Rutebeuf (13 ème siècle, c'est vite dit mais ça fait quelques 240 hivers en plus !). Pauvre Rutebeuf, j'adore, et là, c'est Léo Ferré qui le reprenait.
Je suis heureuse d'avoir reçu ces photos ce matin ! J'aime cette maison, et je sens un sourire dans le coeur, et de la tristesse aussi, chers hivers enneigés et partagés à Quincy :

Le jardin, Quincy-sous-Sénart,7 février '18, photo Noun

Le jardin devant, Quincy, 7 février '18, photo Noun

Le portail (pas web non plus, clin d'oeil au Moulin Ballot),
Quincy,7 février '18, photo Noun

pour les dames du temps jadis et les neiges d'antan, voici:
youtu.be/BRASSENS-les dames du temps jardin

et puis Pauvre Rutebeuf:
youtu.be/LEO-FERRE-Rutebeuf

et puisqu'il est aussi question du Moulin Ballot enneigé, alors voici:

Jardin du Moulin Ballot (le portail est de l'autre côté),
7 février '18, photo Sylvaine

Ici (Barcelone, Catalogne), on prévoit de la neige à basse altitude pour demain...

Allez, à bien vite, Muriel
... et merci à ma Noun, à Sylvaine, à mes frères dans le jardin de Quincy sans oublier Villon, Rutebeuf et puis Brassens et Ferré et bien entendu Lagarde sans oublier Michard et, par voie de conséquence, Marie-Annick (nos années "Lagarde & Michard" !), merci pour ce voyage en nostalgie douce...