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dissabte, 11 d’abril del 2020

Le jardin, le banc, les pâquerettes et...

... et dans le jardin, si ce banc me rapproche toujours de ce frère, 
qui tout en étant parti reste à jamais près de nous
il m'emmène aujourd'hui, emplie d'une pensée lourde 
de tristesse et d'incompréhension 
vers cet autre frère qui est aussi parti, niant ce jardin
il y a un an déjà... on se retrouvera, 
la terre légère sous nos pieds ! 


Le jardin des apéros, des jeux de boules,
le jardin.de la maison, simplement...
photo floue et pleine de tout ça...
pour Yves, dans la paix enfin trouvée ?

Une journée de plus dans le confinement
et dans un recueillement troublé...
On y arrivera ! 


À demain, Muriel

dimecres, 8 de maig del 2019

L'art difficile de vivre bien... comme disait ce bon vieux Montaigne

"Quand je dance, je dance; quand je dors, je dors; voire, et quand je me promeine solitairement en un beau vergier, si mes pensees se sont entretenues des occurrences estrangieres quelque partie du temps, quelque autre partie, je les rameine à la promenade, au vergier, à la douceur de cette solitude, et à moy. Nature a maternellement observé cela, que les actions qu'elle nous a enjoinctes pour nostre besoing, nous fussent aussi voluptueuses, et nous y convie non seulement par la raison, mais aussi par l'appetit : c'est injustice de corrompre ses regles." Montaigne, Essais (publiés en 1580)*

Car, bien entendu, la pleine conscience, comme on dit (quand on n'use pas de l'inutile anglicisme mindfulness, j'adore l'anglais mais préfère en français les mots français quand ils existent et disent si bien ce qu'ils veulent dire), la pleine conscience, disais-je, n'est pas une nouvelle invention !

Il est des textes auxquels revenir fait du bien ! comme à des chemins, des clairières, des bords de rivière, des jardins amis !

Comme il est des bancs sur lesquels il est bon de s'asseoir, ceux-là, "du temps qui passe"**

Passeig de les Aigües, Muriel
Camí de Sant Pere Màrtir, maig '19, Muriel


et des arbres sous lesquels il fait un bien fou de s'arrêter un instant...

mindfulness = pleine conscience
comme
shinrin-yoku = se promener dans la forêt
;-)  Muriel

Et de cela, il faut se rappeler à temps, ce qui n'est pas toujours facile.

"Il n'est [...] science si ardue que de bien et naturellement savoir vivre cette vie", toujours Montaigne

Michel Eyquem de Montaigne (1533 Saint-Michel de Montaigne, 1592, idem): voici le lien pour le fragment des Essais, dont sont tirées ces citations:

**Le banc du temps qui passe, Hubert Reeves: voir 


 À bientôt, Muriel et, ces vers de Basilio Sánchez (
Sin título,recueil
He heredado un nogal sobre la tumba de los reyes), pour la route: 

Dichoso el que, sentado
bajo los grandes árboles
que iluminan de verde las
mañanas del mundo, 
no renuncia al regalo de lo inmenso 

[Heureux celui qui, assis
sous les grands arbres
qui illuminent de vert
les matins du monde,
ne renonce pas au cadeau de l'immensité

le titre serait: J'ai hérité d'un noyer sur la tombe des rois]


dimecres, 24 d’octubre del 2018

Et la vie a continué... de banc en banc sous l'aile de l'ange

La vie a bel et bien continué sur cette rive-ci...
Et je me suis assise sur bien des "bancs du temps qui passe" depuis cette journée du 24 octobre dernier...
Une année, comme tu l'avais sereinement prédit, avec des moments faciles et d'autres difficiles, avec des pleurs dont les rires ont pris le relai...

Je n'ai toujours pas lu le livre d'Hubert Reeves, vois-tu, ce livre qui venait de paraître alors que toi, tu t'apprêtais à disparaître sur l'autre rive... J'avais parlé de ce livre sur ce blog, au mois d'avril dernier, au retour d'une si belle escapade tout "en haut" de la Costa Brava (Colera, Port-Bou, Llançà) et qui m'avait donné de belles occasions de m'asseoir sur des bancs... des bancs du temps qui passe

books-carabistouilles.2018/04/bancos-para-sentarse-mientras-pasa-el-tiempo

En effet, au fil des jours et des endroits, j'en ai "rencontré", des bancs de ce genre-là. La vie a même été généreuse avec moi à cet égard, elle m'a conduite à des endroits de privilège où il y en avait de bien beaux, là, dans le temps qui passait. C'est à présent un rituel, un banc dans un bel endroit, face à la mer, en pleine forêt, dans un parc, et je m'asseois et je reste un instant dans le présent et je te retrouve, Arnaud, et je vous retrouve, les bien aimés qui êtes assis sur le banc de l'éternité.


à Quincy, chez nous, où j'adorerai toujours retourner
au parc de la Borne Blanche, à Combs, une routine agréable quand je suis à Quincy

puis à Bolquère, dans les Pyrénées, fin avril, une découverte
j'ai tellement aimé ce banc au printemps encore gelé
toujours à Bolquère, on était 4 bonnes copines... l'amitié toujours
puis à Lisbonne, en mai, pour Isabel, et sur ce banc du parc da Estrela,
un poème, Evasão *, d'Anrique Paço d'Arcos
Lisbonne toujours, un banc, des azuleijos et, plus haut, le vertige de la lecture

coule la River Ness à Inverness...
au bout du monde... Ullapool
encore plus au bout du monde, à Cromarty, avec des amies de toujours... de jeunesse
dans les mêmes parages, en souvenir d'une personne aimant les chats et le violon ("fiddle" puisque c'est le Nord de l'Ecosse)

Voilà, mon Arnaud, quelques-uns de ces bancs où je me suis assise dernièrement (celui de Lisbonne sous les azuleijos, en esprit seulement)... sans compter les bancs de bon nombre d'églises que j'ai visitées au passage. J'aime bien rentrer dans les églises, m'y recueillir, des endroits pensés pour ça dans le fond, des lieux où penser la mort apaise, même quand "on ne croit pas"... mais ne croit-on pas forcément à quelque chose ? Des bancs d'églises écossaises aux bancs d'églises romaines... car je reviens de Rome où les églises ne manquent pas, fresques, mosaïques, anges... Sous l'aile de l'ange... Quel bon moment en ta compagnie, mon Naud, à Santa Maria degli Angelli ! des anges de marbre, un ange de lumière et mon ange gardien ! Merci la vie pour ce qu'elle m'a donné et même pour ce qu'elle m'a repris, tu vois... avoir eu, c'est déjà beaucoup parfois.

en la Basilique de Santa Maria degli Angelli à Rome
Angello della luce, oeuvre d'Ernesto Lamagna, 2000, même basilique

À toujours, mon p'tit frère et aussi à un de ces jours ! Merci de tout coeur ! Bises à toi et à toute ma famille, ta famille 😊, Muriel, ta Sister Mu

 *
un livre: Le banc du temps qui passe, d'Hubert Reeves, Ed. Seuil (5 octobre 2017)
une sculpture: Angello della luce, d'Ernesto Lamagna
un poème: Evasão, d'Anrique Paço de Arcos 

Evasão

Não fui ao jardín,
Mas voltei do jardim com una rosa na mão
Não fui ao mar, mas regressei das ondas
Com todo o sal do mar nas minhas lágrimas
Não fui a guerra, mas voltei da guerra
Sem coração...

Un dia està para chegar
Em que hei-de ir e n não he de voltar

*
une musique ? tiens, ce matin j'ai entendu quelque chose qui allait si bien avec ce qui se passait dans ma tête, ou dans mon coeur, une Sonate pour piano et violon d'Ernest Bloch, je ne sais pas laquelle exactement, en voici une: https://youtu.be/1OIAR0i-kFQ

*
un sentiment: la gratitude ou la reconnaissance, comme on veut...

*
et je reçois à l'instant cette pensée musicale-hommage, merci Jean-Michel:


dimarts, 3 d’abril del 2018

Bancos para sentarse mientras pasa el tiempo

Y de vez en cuando... un banco, un banco que nos invita a pensar y también a dejar de pensar, que nos invita a estar aquí, sencillamente, a ser por un momento, a formar parte del momento, a estar aquí sentada, a estar allá en la línea del horizonte. A volver por un instante a estar consigo mismo (consiga misma), en distintas épocas a la vez de nuestra vida, concéntricas, a estar con algunas personas, sin interferencias de vida y muerte, sin palabras. A sentir paz, a sentir la vida...

Colera, camino de ronda, 30 de marzo '18, Muriel

Llançà, camino de ronda, 30 de marzo '18, Muriel

Tuve en las manos el libro recién publicado de Hubert Reeves, astrofísico tan humano, tan presente en el momento (co-autor de La historia más bella del mundo y autor de varios libros, entre los cuales Paciencia en el azul del cielo Malicorne, reflexiones de un observador de la naturaleza...), un libro que en francés, me parece que todavía no está traducido al castellano, lleva un título bonito: Le banc du temps qui passe, subtítulo Méditations cosmiques (El banco del tiempo que pasa, Meditaciones cósmicas). Era a finales de octubre, un amigo se lo acababa de traer a mi hermano Arnaud que pocos días después pasaría a sentarse en un banco, allá, por el otro lado de la vida, el banco del tiempo eterno. No lo he leído, sólo hojeado, lo remediaré... pronto... un día de estos

Una real  invitación a sentarse y leer,
photo oct. '17, Muriel

... y la contraportada, oct. '17, Muriel, Tulle

En los bancos de Colera y Llançà que miran el Mediterráneo, estuve sin pensar y con Arnaud, con Isabel, con Marie-Annick... y conmigo misma, en el tiempo que pasa... en un homenaje de corazón.

Hasta pronto, à bientôt, até logo... Muriel