domingo, 10 de mayo de 2009

Todas mis posibles vidas, mi vida // Mon ? Mes? chemin (s)

Hoy, buscando entre cuadernos viejos unas poesías que un día había copiado, encontré este texto que habita en mí desde que lo leí! Me acuerdo la impresión - luminosa - que me causó y lo terriblemente cierto que me pareció. Hace mucho tiempo y desde entonces visita a menudo mis pensamientos y me fuerza a mirar mi camino y las decisiones que he tomado en los cruces - les cruïlles, les carrefours - con esta luz particular.
He aquí el texto en cuestión:

“… Conforme avanza nuestro corazón por la vida lleva consigo a la rastra todo el repertorio de sus antiguos paisajes esenciales, como un empresario de teatro viaja con sus decoraciones y bastidores…
Los paisajes son organismos. No sólo hay en ellos cosas, sino que estas cosas son sus órganos y ejercen funciones intransferibles…
A veces he sentido en mí, incontrastable, la invasión de un paisaje…En él se estremecía una raíz de mí mismo, ignorada por mí. A veces, la resonancia íntima es profunda, esencial, va a herir zonas intactas de nuestro ser, que sin saberlo, transportábamos…
En nuestras Memorias no debemos salvar sólo la vida que de hecho hemos vivido. Todos tenemos la conciencia de que conforme nos íbamos realizando en la existencia caían, decimazas por el destino, otras vidas que igualmente podríamos haber vivido. La fatalidad ha seleccionado de nuestras posibles trayectorias una y ha eliminado las demás…
Cada ser humano lleva en torno al núcleo de su existencia efectiva un elenco concreto, individualísimo, de otras posibles vidas suyas, y sólo suyas. Y solamente destacándolo sobre el fondo de esas biografías espectrales aparece claro y riguroso el perfil fatal, estricto de nuestro destino…
La fugacidad que el hombre ha descubierto en la vida procede de la falta de atención al presente. Si asistiésemos atentos a cada instante de nuestra carrera mundanal no nos parecería huidiza, sino que habría corrido al mismo paso que nosotros. Lo malo es que desatendemos a menudo las horas semovientes y cuando nos ocurre buscarlas hallamos que han pasado ya. Y como hacemos esta averiguación en un instante, es la consecuencia que para nosotros todas aquellas horas han pasado efectivamente, en un solo instante."


Es de Ortega y Gasset, y es un pasaje de un libro sobre sus recuerdos e impresiones de un viaje que hizo a Argentina (artículo, ensayo, memorias ??? no me acuerdo en absoluto cómo encontré este texto, si lo sabéis, no dudéis en decírmelo !)

José Ortega y Gasset (1883–1955), filósofo y ensayista español, exponente principal de la teoría del perspectivismo y de la razón vital e histórica. [Wikipedia]

En recherchant dans de vieux cahiers des poèmes que j'avais copiés à la main je suis retombée sur un texte qui habite en moi depuis le jour (il y a très longtemps !) où je l'ai lu pour la première fois. Je me rappelle encore de la forte impression - lumineuse- qu'il m'avait causée: je l'avais trouvé terriblement vrai. Il me force depuis a regarder ma vie, mon chemin et toutes les décisions prises et / ou non prises à chaque carrefour à sa lumière particulière. Il y a certainemenent une traduction publiée, pour le moment, je vous propose la mienne:

“… Au fur et à mesure que notre coeur avance dans la vie il charrie à sa remorque tout le répertoire de ses anciens paysages essentiels, tout comme le directeur d’une troupe de théâtre voyage avec ses décors et le matériel de coulisses…
Les paysages sont des organismes. Non seulement ces paysages contiennent-ils des choses, mais encore ces choses-là sont-elles leurs organes et exercent-elles des fonctions qu’elles sont seules à pouvoir exercer...
J’ai parfois senti en moi l’invasion incomparable d’un paysage… Un paysage dans lequel frémissait une racine de moi-même, ignorée de moi. Parfois, la résonance intime est profonde, essentielle et s’en va blesser des zones intactes de notre être, que sans le savoir nous transportions…
Dans nos Mémoires nous ne devons pas seulement sauvegarder la vie que, de fait, nous avons vécue. Nous sommes tous conscients du fait que pendant que nous faisions notre vie, d’autres vies tombaient, décimées par le destin, d’autres vies que nous aurions également pu vivre. La fatalité a sélectionné une trajectoires parmi toutes celles possibles et a éliminé les autres…
Autour du noyau de l’existence effective de chaque être humain, il y a un ensemble précis, extrêmement individuel d’autres vies possibles pour lui et pour lui seul. Et ce n’est qu’en le faisant ressortir sur le fond de ces biographies spectrales qu’apparaît, clair et rigoureux, le profil fatal, strict, de notre destin…
La fugacité que l’homme a découvert dans la vie vient du manque d’attention au présent. Si nous assistions, attentifs, à chaque instant de notre parcours terrestre, il ne nous semblerait pas fuyant, au contraire, il se déroulerait au même rythme que nous. Le problème, c’est que nous négligeons souvent notre cheptel d’heures et quand ça nous prend de les recenser nous découvrons qu’elles sont passées. Et comme nous faisons cette constatation en un instant, c’est pour nous la conséquence que toutes ces heures sont effectivement passées en un seul instant. "

C'est de Ortega y Gasset et c'est un passage d'un livre (d'un article? de mémoires ? je ne me rappelle malheureusement plus du tout comment je suis tombée sur ce texte) où il parle de souvenirs et d'impressions après un voyage en Argentine. [José Ortega y Gasset (1883- 1955) était un philosophe espagnol auteur de nombreux essais, un des principaux auteurs de la théorie du perspectivisme et de la raison vitale et historique. Wikipedia]

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