diumenge, 1 de novembre del 2020

Finale

"Le final, ou finale (emprunt de l'italien), est la dernière partie d'une symphonie, d'une sonate, d'un quatuor à cordes, d'un concerto ou d'un opéra" (Wikipédia)

en forêt, il y a quelques jours, Muriel

C'est ici tout simplement la dernière partie d'une oeuvre qui n'en est une que pour moi-même, d'un exercice personnel de consignation de moments, de mots, de photos, de musique, de poésie, de réflexions, d'un essai de journal et d'écriture, d'une toute modeste carabistouille.

Et ce "finale" est venu de lui-même, le temps est passé et l'a composé, enchaînant les silences et les absences, la vie est passée, tout près et si loin de ce rendez-vous entre books et carabistouilles. Et ce n'est pas que ce soit fini, ça ne peut pas finir... 

C'est tout simplement le dernier post de ce blog auquel j'ai pris tant de plaisir, qui m'a donné maintes opportunités de repenser les événements, de voir les fleurs plus vivement, d'écouter les poèmes attentivement, de mettre un certain ordre dans le magma de... carabistouilles qui peuplent incessamment les cerveaux, enfin, le mien...

Alors, pour la route, un Finale musical (Pollini joue Chopin Sonata in B minor, Op.58)

Finale (presto non tanto)

J'aime bien que ce soit presto ma non tanto ;-) Allez, à plus, à tout de suite ! Merci à vous qui m'avez rendu visite sur ce site tout au long de ces 10 ans (et quelques mois). On se retrouvera ! Tout de bon à vous et.... point final.

Aquí lo dejo, con cariño y agradecimiento: Colorín, colorado, este cuento se ha acabado, y el que no se levante se queda pegado.

Això és tot, s'acaba aquí, de fet fa una mica que de silenci en absència aquest blog s'ha apagat. I vet aquí un gos, i vet aquí un gat, aquest conte s'ha acabat... o dit d'una altra manera, el conte contat ja està acabat i per les xemeneies es puja al terrat !

Muriel


diumenge, 31 de maig del 2020

Il y a un an...

Espero meravelles          
a cada cantonada.          
Hi ha alegria                   
en l’aire.                        
El sol m’omple               
els ulls.                          

El meu presagi               
és una línia                   
contra el sol,                 
un punt en l’horitzó.      

J'attends des merveilles
à chaque coin de rue.
Il y a de la joie
dans l'air.
Le soleil emplit
mes yeux.

Mon présage
est une ligne
contre le soleil,
un point à l'horizon.

Montserrat Abelló, pour Diane et Vivien !


Fleurs vues en ce 31 mai

À plus, Muriel (tant qu'il y aura des fleurs...)

dijous, 14 de maig del 2020

Rituel: une définition

C'était il ya peu, justement, le rituel du brin de muguet du 1er mai chargé de bons voeux de bonheur et de santé, c'est beau et c'est forcément beaucoup demander à un brin de fleur, si parfumé, si mignon, si robuste même, qu'il soit... C'est une autre histoire...

La Grande Librairie (LGL) du 6 mai (en confinement mais au rendez-vous, grâce aux réseaux sociaux, il faut le reconnaître) a été un nouveau grand plaisir. Si François Busnel, dont j'apprécie le talent de meneur de LGL, arrivait à se mettre au mot humain/humains quant il s'agit de l'ensemble de l'humanité, au lieu de traîner homme/hommes, plus par atavisme que par machisme, il me semble, ce serait parfait... Mais bon... c'est lent-lent les changements à ce niveau-là... De toute façon, un très grand plaisir quand même, LGL et super, celle du 6 mai, où des historiens étaient réunis et où Philippe Charlier était invité pour son beau livre (riches en photos apparemment impressionnantes) Rituels.

J'ai pris note de la définition qu'il donne du rituel en réponse à la question posée par Busnel "mais, à quoi sert un rituel ?) et la voici.

"Un rituel est une façon qu'ont trouvée les humains* d'organiser le chaos lorsque survient le désordre, une situation qui déborde ses sentiments, son organisation sociale, pour qu'on sache exactement quoi faire, qu'on ne soit pas démuni" ("les humains", c'est moi, parce qu'originellement, c'est "l'homme" et que... etc etc...)

On parlait de la société prise dans les griffes du covid-19... mais c'est une belle définition applicable à tous les rituels survenant après les désordres. Il ne s'agit pas ici des rituels comme celui du thé, du parfum, de coups de fil... Encore que...

Rituels, Philippe Charlier, Ed. Cerf, janv. 2020

lien pour voir en replay LGL du 6 mai, Crise sanitaire, ce que nous apprend l'histoire:
france.tv/france-5/la-grande-librairie/saison-06-mai-2020

À bientôt, Muriel

divendres, 1 de maig del 2020

Muguet porte-bonheur...



Després de les roses de la Diada de Sant Jordi i dels clavells del 25 d'abril portuguès, arriba el muguet, el lliri de les valls, símbol de l'1 de maig a França, portador d'amistat, missatger de la bona sort ! Tot plegat i tanta flor reunida, és, per a mi, com la tornada d'una cançó al cor de moltes primaveres catalano-franceses tocades per Portugal a la meva vida. Desitjo compartir !

Fins aviat, à bientôt, Muriel

dilluns, 27 d’abril del 2020

Plantar sobre la terra els peus, Montserrat Abelló

Plantar sobre la terra
els peus. Ja no tenir
por. Sentir com puja
la saba, amunt, amunt.
Créixer com un arbre.
A la seva ombra
aixoplugar algú que
també se senti sol, sola
com tu, com jo.

Montserrat Abelló
El Blat del temps 
(Barcelona: Columna, 1986)

Planter sur la terre
ses pieds. Ne plus avoir
peur. Sentir comme monte
la sève, encore et encore.
Grandir comme un arbre.
À l'ombre de cet arbre
abriter quelqu'un qui
lui aussi, elle aussi, se sent seul-e
comme toi, comme moi.

(traduc au pied levé, on peut sans doute faire mieux)

À tout', Muriel

dissabte, 25 d’abril del 2020

Oeillets rouges et portugais à souhait !

Sympathie vive et admiration pour le peuple portugais. Aujourd'hui c'est le jour des oeillets partout, là-bas ! "Cravos em todos os lugares, nas caixas de correio, nas cercas, em todas as janelas...", il paraît ! Mémoire de la Révolution du 25 avril (1974), la fameuse Revolução dos Cravos ! Bien envie d'y être, non seulement en pensée mais en chair et en os, un prochain 25 avril, le plus prochain possible, tiens !

J'ai envoyé mes saudades et j'ai reçu...

... ça ! un cravo 💓

Até logo, à bientôt... C'est pas les Révolutions qui manquent à faire... et là on est tout même muselés mais il va falloir nous y mettre sans trop tarder... parce que du mode déconfiné on va rapido presto passer au mode déconfit. Confit, comme je disais l'autre jour, ça reste amusant mais déconfit... beaucoup moins !

Les roses de la Sant Jordi, les oeillets du Portugal et bientôt le muguet porte-bonheur du 1er mai, en France, toutes des fleurs de célébration de la Vie... et en bouquet confiné ! Nous sera-t-il donné de retrousser nos manches et de trouver une fleur pour ce qui va suivre, une fleur sans peur !?

Muriel

divendres, 24 d’abril del 2020

Niñ@s encerrad@s...

Tengo muchas ganas de hacer mío este texto de Carlos González, pediatra catalán y tan sensato en cuestiones de crianza en el amor, en la vida:

Yo no pedí que encerraran a mi nieto. Si me lo hubieran propuesto, como una especie de pacto con el diablo; “Si encierras a tu nieto durante mes y medio, alargaré tu vida unos años”, yo jamás lo habría aceptado.

Pero alguien lo hizo sin preguntarme, y yo no protesté, no me di cuenta siquiera de que aquello era profundamente injusto. Mi nieto, y otros como él, que no corren ningún riesgo con el virus, están encerrados sin juicio, y no pueden salir ni un minuto. Yo, y otros como yo, que sí que corremos un riesgo, podemos salir varias veces al día, al súper, al pan, a la farmacia, a pasear al perro, a tirar la basura, algunos a trabajar. He aceptado la infamia, he tardado más de un mes en darme cuenta de que esto era inmoral. Nos dijeron “todos hemos de estar confinados, por el bien de todos”, pero sólo los niños han estado realmente confinados, y no por su bien, sino por el nuestro. Nos dijeron “sois todos unos héroes”, pero yo he sido un bellaco.

Y ahora, hijo mío, te pido perdón. Era yo quien tenía que haber afrontado cualquier peligro para salvarte, y lo hemos hecho al revés. Sin pensar, acepté renunciar a la libertad a cambio de la seguridad; sólo que la seguridad era la mía, pero la libertad era la tuya. Y ahora los años que me queden por vivir habré de pasarlos con esta vergüenza: acepté encerrar a mi nieto para salvarme.

Y, encima, ni siquiera era cierto. El encierro de los nietos no era ni necesario ni suficiente. Mientras aquí tenemos las residencias devastadas y los niños encerrados, en otros países los niños han podido salir a la calle y la pandemia se ha cobrado menos víctimas. Hemos usado el autoritarismo para esconder la ineficacia.

Carlos González
Abuelo, pediatra y escritor
www.carlosgonzalezpediatra.com


Leí este escrito y me puse a llorar...
Muriel, abuela por encima de todo en este momento preciso !

dijous, 23 d’abril del 2020

Una mica de cava i desfogament...

... amb les degudes distàncies i etc etc... però la copa de cava no podia faltar... i havia de ser compartida. Ahir ho havíem dit: demà una copa ! I a les 20:00, els veïns que cada dia ens veiem hem sortit amb, tots, un somriure i una copa, una veïna amb també una cistella plena de roses de meringue que havia confeccionat per a l'ocasió, una servidora amb una ampolla de cava, fresca, fresquíssima... i ens ha sentat bé, tan bé !






Un moment 100% lograt 😀 ! Seguim !
Cuidem-nos i a respiraaaaar ! Muriel

Una Diada confinada...però Diada

La celebració s'ajorna fins al 23 de juliol
doncs avui impera el confinament.
Els companys i companyes de la biblio hem preparat,
cadascú, cadascuna
una mini instal·lació per a celebrar
 des de casa i compartir,
entre nosaltres i a la web de la biblio. 

Aquesta és la meva: 

Això, Feliç Diada ! Us agrada el meu raconet ?
Us el dedico ! Cuideu-vos i llegiu molt !
Apa, fins aviat !

dimecres, 22 d’abril del 2020

Book titles on bookshelves...

Waouw !!! 


Enjoy it and bye bye for now !
Muriel

dimarts, 21 d’abril del 2020

Més flora passada per aigua...


Gràcies Ioia ! Què bonica la flor d'Arum ! 
I una bonada ruixada per a la meva Sansevieria 

Fins ara, Muriel

Partitura per a un dia de pluja

un altre dia de pluja... en Sol minor, les gotes aliniades a mode de partitura,
Muriel, Walden-7

Fins aviat, cuideu-vos, Muriel

dilluns, 20 d’abril del 2020

J'ai marché sous la pluie drue

C'est dingue d'être sans arrêt enfermée comme ça, ou d'avoir impérativement comme but, d'aller aux poubelles, à la pharmacie ou au supermarché. Dingue... Et depuis 3 jours la pluie, la pluie... la pluie qui me réjouit si je pense aux arbres, à Collserola, à la Nature qui là, reçoit cette belle pluie constante, un bien fou... Ce matin, j'ai quand même un peu pété les plombs et j'ai rajouté un soleil à la vue que j'ai de mon fauteuil de travail et de lecture:

c'est enfantin, puéril, débile ? absolument ! complètement d'accord ! 

Et cet après-midi, j'ai profité d'une accalmie, douteuse dès le départ, pour aller, donc, aux poubelles et à la pharmacie (rien à acheter mais... de l'eau de rose, par exemple, c'est toujours bon, sur le visage, après la toilette du soir) ! Le chemin de la pharmacie (non, pas la plus proche de chez moi, loin de là) est l'occasion d'une belle promenade un peu sauvage (enfin, si on prend "le chemin détourné de la pharmacie") et j'allais dire que je n'avais pas vu un chat, c'est vrai, j'ai ceci dit vu 3 chiens, avec leurs 3 maîtres respectifs (hola, bona tarda, sans plus, ils ont de la chance ceux-là parce qu'on a le droit de promener les chiens, mais pas les bébés ni les enfants, si c'est pas fou, ça !?)... Donc, à l'aller, dans le règne animal, je n'ai vu que des chiens avec des maîtres, pas de flics, ouf, pas besoin de prune... et j'ai entendu les oiseaux chanter à tue-tête, je dis bien à tue-tête ! c'est clair, ils aiment la pluie et la liberté et sans doute leur vie reposée des humains ! 

Puis dans le règne végétal, j'ai vu des fleurs, plein de fleurs, des blanches, des roses et des jaunes, même des mauves dont je ne connais pas toujours les noms et de l'herbe, si belle, toute mouillée:


comment cette fleur peut-elle bien s'appeler ?

Il a commencé à pleuvoir, juste comme je passais devant un dragonnier que j'ai toujours eu envie de photographier:

il semble que ce soit des arbres "à part",
les Dracaena draco, entourés de légendes,
c'est ce que j'avais compris, aux Canaries,
où il y en a de très très beaux,
des exemplaires millénaires

Et tout près, des roses. Là, entre le dragonnier et les roses, on n'est plus dans la nature sauvage, d'accord, mais tout de même, c'est un sourire au passage (et puis, je ne vais pas faire ma femme des bois 😀) 


Au retour, il s'est mis à pleuvoir dru, archi dru. Quel bonheur de marcher sous la pluie battante ! Ça faisait longtemps que je n'avais pas ressenti ce plaisir-là ! Une euphorie, un bien dingue ! Un bon quart d'heure sous la douche du ciel ! J'ai vu de la bourrache à profusion, tellement jolie, ses clochettes d'un bleu tout doux et ses feuilles velues ployant sous les grosses gouttes de pluie... 

Voilà, ça va mieux ! Confinée mais nettoyée de cette brume qui squatte la tête au bout d'un moment ! 

À bientôt ! Muriel, portez-vous bien ! 

André Comte-Sponville, une voix dissonante...

... qui sonne juste, je trouve... qui remet à leur bonne et dûe place les points sur les i parce que tout de même il y a beaucoup de discours choquants pour ce qui est de la Mort, notre issue ultime et incontournable, en temps de coronavirus et de confinement*.

  • sur France Inter, mardi dernier 14 avril:
"Le coup de gueule du philosophe André Comte-Sponville sur l'après-confinement " sur    https://www.franceinter.fr/idees/le-coup-de-gueule-du-philosophe-andre-comte-sponville-sur-l-apres-confinement

Si vous mettez l'audio, à la suite de l'interview de Comte-Sponville, en prime donc (et après une recette de chou-fleur et une autre de tarte au chocolat) il y a "un coup de projecteur sur la thérapie existentielle inventée par le psychiatre et romancier américain Irvin Yalom", ça m'a fait plaisir... et
dommage que 2 ou 3 de ses ouvrages archi abîmés à la bibliothèque soient éternellement épuisés. Je les remets sur ma liste d'achats 2020 illico.

  • sur le magazine Le Temps, vendredi dernier 17 avril:
" André Comte-Sponville, laissez-nous mourir comme nous voulons !"
C'est une opinion qui contraste dans la symphonie actuelle: le philosophe français déplore qu'on sacrifie les jeunes au détriment des personnes âgées. la liberté sur l'autel de la santé. Et il interroge notre rapport à la mort:

letemps.ch/societe/comte-sponville-laissez-nous-mourir-comme-voulons


* confinement: j'ai une collègue qui sur le groupe whatsapp télétravail a écrit à plusieurs reprises "confitement", un t à la place du n, et c'est, volontairement ou  non, amusant et bien trouvé: nous sommes confits, archi confits (même si en français ce serait plutôt confiserie que confitement)

Voilà, à bientôt, Muriel (un abrazo Marta 😉  !!!)

diumenge, 12 d’abril del 2020

Oeufs de Pâques

Confinement ou pas, c'est Pâques et entre la tradition qui oblige, les bons souvenirs des fois passées et l'humour qui ne manque pas, on fête ça comme ça, cette année:

Gràcies Néstor ! 

Merci Sylvaine ! Els 4 Gats au Moulin Ballot !

L'humour qui innonde whatsapp

Menu de ce midi: les oeufs mimosa, bien sûr ! Les poules, les lapins, les cloches et... les oeufs en chocolat cachés dans les jardins ou les recoins de la maison,.. attendront l'année prochaine, si tout va bien !

Allez, restons heureux et en bonne santé ! À bien vite, Muriel

dissabte, 11 d’abril del 2020

Le jardin, le banc, les pâquerettes et...

... et dans le jardin, si ce banc me rapproche toujours de ce frère, 
qui tout en étant parti reste à jamais près de nous
il m'emmène aujourd'hui, emplie d'une pensée lourde 
de tristesse et d'incompréhension 
vers cet autre frère qui est aussi parti, niant ce jardin
il y a un an déjà... on se retrouvera, 
la terre légère sous nos pieds ! 


Le jardin des apéros, des jeux de boules,
le jardin.de la maison, simplement...
photo floue et pleine de tout ça...
pour Yves, dans la paix enfin trouvée ?

Une journée de plus dans le confinement
et dans un recueillement troublé...
On y arrivera ! 


À demain, Muriel

divendres, 3 d’abril del 2020

une coupe de cava ? un bol de kava ??

oui ! j'ai envie de dire oui ! car j'ai appris hier* que la coupe de cava que j'affectionne dans les moments où la vie invite à la célébrer, à "marquer le coup", a son alter ego à l'autre bout du monde, à Wallis et Futuna, rien que ça, c'est... le kava:

fr.wikipedia.org/wiki/Kava

Wallis-et-Futuna.gouv.fr/Culture-et-patrimoine

le kava (ou kawa) aurait des "vertus extrêmement bienfaisantes", "effet relaxant, anxiolytique", c'est un "euphorisant", une "boisson rituelle"... on s'y retrouve, n'est-ce pas ?

petit arbuste dont on prend le rhizome versus petit arbuste dont on prend les fruits...

Piper methysticum ou kava

raisins blancs 

peinture de John La Farge (1835-110),
Young girls preparing kava outside of the hut 

et le cava, me direz-vous ? le champagne catalan ! voyez cette présentation:

equinoxmagazine.fr/2019/03/12/les-5-differences-entre-le-cava-et-le-champagne/
(belle photo où l'on aperçoit sur la ligne d'horizon la chaîne montagneuse de Montserrat)

* c'est en regardant "îles éparses", avec Sylvain Tesson, qu'en 2ème partie, j'ai été transportée à Wallis et Futuna avec l'expédition Tara

à plus, à la bonne vôtre, à la bonne nôtre ! Muriel

dimecres, 25 de març del 2020

bon dia, té i clívia

seguim...

el (o la ?) clívia també torna a florir cada any quan ve la primavera
la miro i brindo - amb te -per la vida irresistible

"lo dicho": bon dia ! apa, fins demà !

dimarts, 24 de març del 2020

salade Résilience* de pissenlits aux oeufs durs

c'est pas l'envie de verdure qui manque ! en tout cas, voilà une formidable salade:

salade Résilience de pissenlits aux oeufs durs, Quincy, aujourd'hui

j'ai 2 grands maîtres de la résilience auxquels recourir en cas de necessité, vers lesquels j'aime me tourner, même sans nécessité: le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, "père du concept de résilience" et un humain simple et tellement humain et puis... ma mère !

ma mère a pratiqué cette discipline vitale toute sa vie et c'est une résiliente de 1er ordre, admirable, c'est si souvent que j'ai l'occasion de le constater et quelle joie cela me donne ! une survivor !

déjà, jeudi dernier, en plein confinement donc, lors de notre coup de fil matinal, et comme je lui demande "ce qu'elle fait de beau"... et bien, "de la pâte à crêpes, c'est la Mi-Carême, il n'y  a pas de raison, je m'en ferai pour mon dessert et pour 4 heures".

la Mi-Carême, je reconnais que je n'y étais plus ! et pourtant, j'aime bien les dates, les retrouver au calendrier et les fêter en respectant (de près ou de loin) les coutumes... et les crêpes, c'est sacré: Chandeleur et Mi-Carême ! L'observation des rituels, l'attachement à ces traditions...

je raccroche et me mets doncs a préparer moi aussi de la pâte à crêpes, avec bonheur ! et bien vite, c'est une "activité partagée" entre Quincy, le Moulin Ballot et le Walden ! formidable, non ?

revenons, sinon à nos moutons, à la salade de pissenlits: coup de fil, cematin, en fin de matinée:

"ça va ? tu fais bien attention ? tu as tout ce qu'il faut pour manger ?
- oui, ça va, il me faudra bientôt un peu de fruits et légumes mais ça va quand même, j'ai ramassé un bon saladier de pissenlits dans le jardin et je vais me préparer ça avec des oeufs durs.
- mais c'est génial ! on en mangeait quand on étaient petits, non ? je m'en rappelle
- ben oui, c'est maintenant qu'ils sont bons et il y en a beaucoup, ça faisait longtemps que je n'en ramassais pas, c'est du boulot et puis les laver aussi, c'est du boulot, mais c'est drôlement bon, j'en ai beaucoup mangé petite, pendant la guerre... et après. Ça me fait plaisir, je vais me régaler."

je suis prise de tendresse et d'admiration, beaucoup de tendresse et une admiration absolue

je me dis aussi que ça fait plusieurs fois, et ça n'est pas du tout dans son habitude, que ma mère fait mention de la guerre, qu'elle la revit pendant ce confinement... moi, c'est certain, je n'ai rien vécu de comparable...

allez à plus, Muriel et... bises à ma mère, à qui ce post est dédié et Namasté-Moulin Ballot !
à demain !

et une recommandation de lecture du côté de chez Cyrulnik:

Un merveilleux malheur
 Les vilains petits canards
  Le murmure des fantômes

on bien le temps de les manger par la racine, les pissenlits !!!

* et puis, oui, le mot résilience s'applique après le trauma mais il s'agit aussi d'une aptitude, d'une attitude et au fil des traumas, on devient résilient, on vit sa vie en résilient-e ... ou non, bien entendu, et on se fait éventuellement une petite salade Résilience des familles !

dilluns, 23 de març del 2020

(Re) lire La Peste au temps du coronavirus

dans le cadre du télétravail puisqu'on est en confinement, je me suis mise à relire La Peste, dans l'idée de proposer un article pour le blog des bibliothèques de Barcelone [ bibarnabloc.cat ] et puis, dans la foulée, là, je me le suis traduit - un exercice curieux, pour moi, à vrai dire, inhabituel, l'autotraduc du catalan au français - afin de le consigner dans ce blog de carabistouilles et autres:

La Peste, d’Albert Camus, se vend, se lit et se relit beaucoup, partout, ces derniers temps et quoique cela  puisse sembler évident, on peut se demander pouquoi, pour quelles raisons exactement. Que peut-on bien chercher – et éventuellement trouver – en ces temps de coronavirus et de confinement, dans un roman publié en 1947 et dont l’action se situe à Oran ? Quelles clés pour la compréhension de ce qui nous arrive et pour notre survie ? Quels regards sur la peur, la dignité en ces temps de pandémie, quels portraits de l’amitié, l’amour, la haine, la solidarité et l’engagement nous donne ce roman qui fait effet de miroir à notre angoisse existentielle ?
Un temps de confinement indéfini est, certainement, un temps à mettre à profit pour lire ou relire les classiques de la littérature universelle et La Peste en est un. La Peste ne peut pas nous distraire de nos soucis, loin de là, en revanche, le roman nous présente des prises de position et des points de vue différents et nous invite, si on le veut bien, à faire une lecture philosophique de tout “cela“ qui est en train de se passer.
L’origine  du roman remonte à une épidémie de choléra, en 1849 à Oran, au Nord de l’Algérie (un des deux pays de Camus, avec la France) et comme dans tous les classiques, – ou est-ce pour cela que ce sont des classiques ?- on y trouve des destins individuels, tous tressés ensemble et fondus dans une  histoire collective et lire La Peste implique – ou permet – plusieurs couches d’interprétation : un temps, un endroit et un fléau particuliers deviennent tous les temps, tous les endroits et tous les fléaux. Le choléra est la peste et aussi la peste brune (nazisme) et bien entendu, le coronavirus ; Oran en 1849, c’est Oran au milieu du XXème siècle et c’est n’importe quelle ville de Chine, d’Italie, du monde, c'est Barcelone, juste maintenant, en 2020. Les télégrammes du roman sont nos whatsapp, facebook et instagram.
La peste devient le nom générique de  toutes les maladies contagieuses, de toutes les épidémies physiques et mentales. “Les pires épidémies sont morales” disait Camus (1947: temps de dictadures et de guerres à peine finies) “et les seuls remèdes sont forcément moraux aussi”. La peste est amenée par les rats, la peste brune, par les totalitarismes. Pourrions-nous penser notre temps actuel, un temps pris dans les griffes du coronavirus, en termes de totalitarismes ? Comment fonctionne notre économie, qu’est-ce que la globalisation, exactement ?
La Peste fait partie du cycle de la Révolte, avec L’Homme révolté et Les Justes (différent du cycle de l’Absurde l’autre pilier de la philosophie de Camus). Chez Albert Camus, c’est l’amour qui triomphe – le Dr Rieux a une capacité inouïe à aimer – et si la vie est absurde et n’a pas de sens, la plus grande victoire, la révolte parfaite, c’est la joie, le bonheur de vivre, la recherche d’un sens à la vie à l’intérieur de notre propre vie.
Il est impensable, pour le moment en tout cas, qu’on puisse un jour dire du coronavirus qui nous confine et nous inquiète “à quelque chose malheur est bon”. Pour le moment, c'est un peu trop dur et déconcertant. Il se peut, par contre, et d’une certaine façon c’est ce que nous espérons tous, que les individus, les sociétés, l’ humanité, ressortent de là grandis. Quel rôle joue la peste dans le roman ? Quel rôle joue et continuera de jouer ce virus dans nos vies ? Pour l’heure, c’est une bête implacable qui nous oblige à être avec nous-mêmes, à méditer sur le temps qui passe (ou sur notre manière de le passer), sur notre vie personnelle et nos choix tout au long de notre trajectoire, sur la vie en société, la mort...
L’épidémie est, tout à coup, et si nous jouons le jeu – ou si nous relevons le défi, plutôt -, une école de vie, un cours intensif de développement personnel. La consigne de confinement est la même pour tout le monde, chacun-e avec ses circonstances particulières (santé mentale et physique, enfants, animaux de compagnie, jardin, de la famille loin, télétravail, pertes ou non de gains, il y a tant de paramètres...) et le travail préliminaire que chacun-e aura effectué sur ses peurs, sur  la solitude, sur la passion de vivre aura aussi son mot à dire.
Quelle leçon tirerons-nous de ces temps si difficiles ? Quelle leçon les humains ont-ils tirée de la grippe espagnole, la terrible Influenza de 1918 ? de la grippe aviaire, des vaches folles, de l’Ebola, de tous les fléaux qui continuent à dévaster l’Afrique ? Et ces dernières années, quelle leçon avons-nous tirée jusqu’à présent, de la recrudescence des maladies respiratoires à cause de la pollution massive de l’air que nous respirons ?
Cette periode forcée de séparation d’avec nos êtres aimés et nos routines sera-t-elle une opportunité, au bout du compte ? Sinon pour nous, pour ceux qui viennent ? Nous sentons maintenant la fragilité de la vie parce que nous pressentons notre fin et la fin d’une époque que nous connaissons et “maîtrisons à peu près, plus ou moins bien ”. Serons-nous capables d’apprendre la compassion dont les grands sages de partout nous parlent depuis si longtemps et une bonne fois pour toute, l’amour de la Terre Mère, la Pachamama, comme on dit en terres andines ? Arriverons-nous à donner la priorité, enfin, à la vie, à freiner un rythme frénétique de croissance économique, et donc d’inégalités ? À repenser un ordre bénéfique pour le plus grand nombre de personnes et êtres vivants ? Dans La Peste, le Dr Rieux ne veut être qu’ “un homme solidaire avec les vaincus”.
“Il y a eu dans le monde autant de pestes que de guerres et pourtant pestes et guerres trouvent les gens toujours aussi dépourvus” écrit Albert Camus. C’est grave... ou en est-il simplement ainsi ? Pourrions-nous changer quelque chose ? “La seule façon de s’en sortir quand on est un être humain, c’est de considérer que rien n’est n’est immuable, et la peste non plus”. Dans le roman, le chemin parcouru par chacun des personnages est fascinant. Chacun a quelque chose à nous apprendre. La leçon la plus magistrale, peut-être, est que si nous ne formulons pas les bonnes questions, il est sûr et certain qu’a peine sortis d’une crise, nous préparons directement le terrain pour la prochaine crise... la prochaine  peste. À la fin du livre, les gens ressortent dans la rue, heureux, le coeur léger, et c’est bien ce que nous désirons de toutes nos forces, en ce moment, sortir le coeur léger. Les gens sortent et rient... et Camus, par-dessus leurs rires, nous invite à nous poser la question : des gens simplement heureux ou... des imbéciles heureux ?
Pour le moment, La Peste, sous forme de roman, se propage partout, elle va sur les traces du coronavirus: pourvu, cette fois-ci, qu’elle nous touche en profondeur, durablement et qu’au sortir de cette lecture et de ce confinement, de cette pandémie, nous soyons mieux disposés, plus engagés, solidaires et pleins d'amour et de respect pour la Planète ! Authentiquement, viablement heureux.
Bonne (re)lecture ! Et ceci est un hommage et un remerciement pour tout le personnel soignant, tous les Drs Rieux du coronavirus pour la tâche immense qu’ils accomplissent, tous !

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Sources: reflexions personnelles au cours de la relecture, nourries des apports de l’avalanche de commentaires et d’articles qui ont été publiés tous ces jours-ci autour de La Peste au temps du coronavirus. Écrire sur La Peste, n’a pas été un choix original, simplement une évidence.

Allez, à bientôt, Muriel (et prenez bien soin de vous ! restez à la maison !!!)

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