martes, 19 de febrero de 2013

L'homme du train, post griffonné dans le train

C'est lors de mon dernier passage en banlieue parisienne... Je rentre à Q., je suis dans le même train  qu'il y a... la bagatelle de presque une quarantaine d'années (40 ans, vertige !) quand je rentrais de la fac, j'ai le même mal de dos (de ces maux qui "structurent" une vie), il y a la même foule, il est bondé, archi bondé, le train de 17h... Je cherche quand même LE siège qui serait libre exprès pour moi... rien à faire, tout est pris, tant-pis, je me pose sur les marches. Une jeune (20 ans ? plus ?), assise sur la banquette en face de moi, me regarde et me sourit franchement, "la bonne femme, pas peur de se salir le jeans et trop crevée pour rester digne, elle a bien raison !", il y a de ça dans son gentil sourire, elle ne me laisse pas sa place ceci dit, je lui en sais gré ! (et tiens, il faudra que je remette la main sur le film La vieille dame indigne *!)... puis je sens un regard sur ma gauche, en hauteur, quelqu'un qui est resté debout, appuyé contre la vitre: un homme, mon âge (approx.) me regarde, effectivement, amusé et souriant, un grand sourire franc, lui aussi, complice (lui, il n'avait pas osé squatter les marches). Deux très beaux sourires, une sacrée promo dans ce RER exténué ! Je leur rends "la pareille", je leur souris aussi... Une complicité... et, entre l'homme et moi, une sorte d'attraction, envie de parler mais de quoi ? puis, "ça ne se fait pas, non", pas dans ce train-là... Il n'y a par ailleurs rien de spécial à dire... Premier arrêt, des gens descendent, d'autres montent... Je reste assise sur les marches, je ne gêne pas vraiment... Deuxième arrêt, la jeune en face de moi descend, l'homme m'invite à m'asseoir, il me tend la main pour m'aider à me lever mais je n'ose pas la prendre, puis il y a l'orgueil, "je peux me lever toute seule et d'un bond même, non mais"...ah la la... Assise sur la banquette, je commence à griffonner ce moment en direct, "j'en ferai un post pour mon blog", ce moment où il ne se passe presque rien, ou alors quelque chose en filigrane... L'homme me sourit toujours, il est amusé, c'est amusant... Troisième arrêt, la femme d'à côté de moi descend, l'homme s'assoit, il prend sa place, on se regarde, on se sourit, on a envie de se dire quelque chose, il est intrigué de me voir écrire comme ça à toute pompe sur un morceau de papier déchiré, pas glamour le papier, mais j'ai rien d'autre sous la main (j'ai absolument toujours un calepin dans mon sac, mais là, non, of course), je sens qu'on va se dire quelque chose, mais... quoi? quoi "d'intelligent"? quoi qui ne brise pas le charme du moment ? Et je sens que ça doit être vrai que des histoires "un homme, une femme" peuvent surgir dans un train de banlieue bondé et fatigué, je suis sur le point de déchirer un morceau du papier sur lequel je suis en train d'écrire ce moment et de lui tendre mon mail, c'est la première fois que ça m'arrive avec un inconnu, "écrivez-moi quelque chose, sur vous, sur ce que vous voudrez, à cette adresse-là, n'importe quoi..." mais je n'ose pas le dire, je n'ose pas déchirer le papier sur lequel j'ai commencé à écrire mon e-adresse. Quatrième arrêt, il se lève, il va descendre, "bon, je lui donne" mais, non, je n'arrive pas à le lui donner, il me regarde, je sens qu'il regrette qu'on ne se soit pas parlé, il descend, il me dit "bon, bah... au revoir alors!", il est sur le quai, je suis sur la banquette, on se regarde, on ne sourit plus, on sait qu'on a loupé le coche, mince, le train repart... Et puis, non, on n'a pas forcément loupé le coche, c'est une  histoire en soi, une histoire comme ça ! Ou alors, on l'a peut-être quand même loupé... Chi lo sa ?! Ah, mais ça y est, c'est mon arrêt à moi, je descends... il fait froid et humide... je souris...


C'était fin décembre... Le lendemain, autour d'un thé au "Train bleu", je racontais l'histoire de L'homme du train, cette histoire de presque rien, aux deux copines que je retrouve immanquablement lors de chaque passage à Paris ! À notre santé les filles ! à la prochaine !



* La vieille dame indigne: film réalisé par René Allio et sorti en 1965, d'après la nouvelle éponyme de Bertolt Brecht, avec des chansons originales de Jean Ferrat (On ne voit pas le temps passer) et avec l'actrice Sylvie (1883-1970) dans le rôle de Madame Bertini, Victor Lanoux dans celui de Pierre et Malka Ribowska dans celui de Rosalie.

Et pour la route, Jean Ferrat:On ne voit pas le temps passer  (Youtube)

À bientôt, Muriel

http://books-carabistouilles.blogspot.com/2013/02/lhomme-du-train-post-griffonne-dans-le.html

2 comentarios:

  1. Muriel,
    je pense que ce n'est pas fini.
    le train, quand il arrive a la derniere gare il repart dans le sens inverse.

    la terre est ronde!

    ResponderEliminar
  2. MURIEL
    ¿Cómo estás¿
    Justamente tengo muchos deseos de leer este post. Volveme a enseñar a traducirlo en español. Algo puedo entender pero deseo leerlo todo. El actor parece ALBERTO SORDI por la fotografía. Te cuento MURIEL, que aquí en BUENOS AIRES está el canal EUROPA EUROPA que pasa cine de allí, y me quedé con ganas de ver (se me pasó el día) la vida de GEORGE BRESSANS que es del 2011 ¿la viste?, y también la tercera parte de la miniserie GEORGE SAND ET FANCHETTE, que aqui´solo dan y repiten solo hasta el segundo capítulo ¿la has visto allí ?, es hermosísima. Bueno nena, te mando un beso y sigo con mi piano (estoy aprendiendo piezas clásicas, de STEPHEN HELLER, BURGMULLER, etc), un beso
    magú

    ResponderEliminar